De la ferme au village hôtelier

Comment se fait-il que de nombreux clients de l'hôtel trouvent un pied-à-terre au-dessus de Zäziwil ? Découvrez l'histoire et l'évolution de l'Appenberg.

L'Appenberg se réinvente : un village hôtelier dédié aux séminaires, à la restauration et aux vacances.

Autrefois, sur l'Appenberg

L'Appenberg a été acquis en 1930 et s'est transformé en projet touristique après l'incendie des bains de Schwendlen. Après une planification minutieuse et la décision municipale de 1977, le village hôtelier a vu le jour petit à petit. Au total, onze bâtiments anciens ont retrouvé une nouvelle vie sur l’Appenberg ; beaucoup d’entre eux proviennent de la région et racontent leur propre histoire. Ainsi, le « Stöckli » et le « Spycher », qui constituaient autrefois le cœur d’une ferme, ont été soigneusement déplacés et conservent aujourd’hui le charme typique de l’Emmental. L’ancien stand de tir de la commune de Biglen, l’école de Bowil et la Truberhaus ont eux aussi trouvé un nouveau foyer sur l’Appenberg. La Hubelhaus, bâtiment riche en traditions datant de 1777, a été déplacée en raison de la construction de l’autoroute ; le Spycher-Grotto et le Schmittli ont également connu des époques mouvementées. La seule construction récente est le Haghaus, érigé entre 1996 et 1998 et qui trône aujourd’hui au-dessus du Bärbachtobel. Ainsi, l’Appenberg allie histoire, artisanat et architecture régionale – et invite à découvrir le passé et le présent au cœur de l’Emmental.

L’actuel Appenberg a été acquis en 1930. L’idée d’exploiter l’Appenberg à des fins touristiques est née après l’incendie des bains de Schwendlen. Après une planification minutieuse de la part de la famille propriétaire, les grandes lignes du projet de l’Appenberg ont été définies. Le 14 janvier 1977, l’assemblée communale de Mirchel a approuvé le plan d’aménagement et les prescriptions spéciales de construction nécessaires.

À l'issue des premières phases de planification et des premiers contacts avec les organismes de financement, onze bâtiments destinés à la démolition ont été transformés ou reconstruits pour accueillir des établissements hôteliers. Le dernier bâtiment (le Haghaus) a été entièrement repensé et construit de toutes pièces entre 1996 et 1998.

Bon nombre de ces maisons ont déjà une histoire derrière elles et ont trouvé un nouveau foyer sur l'Appenberg. Deux des dépendances dégagent un charme particulier propre à l'Emmental : le « Stöckli » et le « Spycher ». Alors que le Stöckli accueillait traditionnellement la génération plus âgée d’une famille d’agriculteurs, qui avait déjà transmis l’exploitation à ses descendants, le Spycher était le grand trésor d’une ferme. Il était généralement situé un peu à l’écart de la maison, afin de pouvoir être sauvé en cas d’incendie. Il contenait des céréales, de la viande, des vêtements, de l’argent, ainsi que des réserves de tissus et de fil. La fermière y conservait bien des trésors, ce qui permet de considérer le Spycher presque comme le cœur d’une ferme.

En ce qui concerne le Schützenhaus, en revanche, son nom en dit long : il s’agit de l’ancien stand de tir de la commune de Biglen, qui a été démonté sur place puis reconstruit sur l’Appenberg. De même, l’ancien école de Bowil fait partie du village-hôtel de l’Appenberg, alors qu’elle menait auparavant une autre existence non loin de là. La Truberhaus a elle aussi été transférée depuis les environs jusqu’à l’Appenberg. Cette petite ferme de l’Emmental, construite selon la technique des poteaux et traverses, se trouvait à l’origine à Luchsmatt, à Trub.

La maison Hubel peut se prévaloir d’une histoire particulièrement longue : elle a été construite dès 1777 et se trouvait à l’origine à Frauenkappelen. Elle a toutefois dû céder la place à la construction de l’autoroute Berne-Morat. Un sort similaire a frappé le Spycher-Grotto, qui a dû être démoli sur son emplacement d'origine à Worb en raison de la construction d'un garage. Il appartenait auparavant à l'horloger Werner Gysi.

C'est sans doute le Schmittli qui a connu l'histoire la plus variée. Il avait déjà servi de local associatif à Oberfeld, à Langnau, avant de devenir le « Nagelschmittli », où habitait « Schmitte-Grittli ». Plus tard, il a même été utilisé comme local scout, jusqu’à ce qu’il trouve finalement un nouveau foyer sur l’Appenberg.

L'histoire du Haghaus, construit entre 1996 et 1998 et qui constitue le seul bâtiment neuf du complexe, est bien moins longue. Cependant, grâce à son emplacement surplombant le Bärbachtobel, cet imposant Haghaus s'intègre parfaitement dans le paysage du village hôtelier d'Appenberg.

D'où vient le nom « Appenberg » ?

Dans le Wochen-Zeitung n° 18 du 4 mai 2017, Bruno Zürcher a expliqué comme suit l'origine et la signification du nom de lieu et de lieu-dit « Appenberg » :

Le Dr Appebärg porte ce nom depuis plus de 600 ans déjà
Sur l'Appebärg se trouve aujourd'hui un établissement réputé avec un hôtel. Je ne sais pas à quoi servait cet endroit il y a quelques centaines d'années. Mais une chose est sûre : le nom « Appebärg » apparaît déjà dans des documents très anciens. Entre autres, ce lieu, situé près d’Oberhünige – qui appartient toutefois à la commune de Mirchu, de l’autre côté de la vallée –, est mentionné dans un registre de l’ordre des Augustins, rédigé vers l’an 1350. On y lit « ze Appemberg ». Dans un autre document ancien, on trouve également la mention « ze Appenberge » – donc déjà très similaire à aujourd’hui ! Bien sûr, l’orthographe de ce nom de lieu n’est pas restée identique au fil des siècles. En 1597, on trouvait « Mappenberg » dans le cadastre de Signou, ou encore « Aeppenberg » dans les comptes administratifs de 1701. Dans l’ensemble, cependant, l’appellation s’est maintenue – même si beaucoup ignoraient ce que ce mot signifiait. « Appebärg » signifie tout simplement « la montagne d’Appo ». Cette région devait appartenir, au Moyen Âge, à un homme qui s’appelait ainsi.

J’ai entendu dire autrefois que le nom « Appebärg » venait de « apere Bärg ». Cependant, d’après l’orthographe utilisée dans les documents historiques, il n’y a pas vraiment de lien avec le mot «apar» de l’allemand ancien. Ce mot ne signifie d’ailleurs pas seulement «sans neige», mais aussi une terre aride recouverte d’une fine couche d’humus. Le fait qu’il n’y ait pratiquement aucun nom de lieu dans cette région faisant référence au mot « aper » montre également que cette origine liée à « apere Bärg » est très certainement fausse. 
Le prénom en ancien allemand « Appo » était une forme abrégée, par exemple, d’« Adalbert ». L’ancien propriétaire de l’« Appebärg » aurait donc pu avoir une ascendance noble ; après tout, la première partie «Adal» signifie justement «noble». Je n’ai pas réussi à découvrir qui était exactement le fondateur de l’«Appebärg». Ce qui est certain, c’est que ce lieu a une longue histoire. 
Un lieu qui existe depuis «l’éternité» correspond bien à cela. Dans le registre foncier bernois de 1460, on trouve la mention «vff dem eew zun». «Eew» signifie «éternel», mais aussi «honorable» et «légal». Je ne sais pas exactement où passait cette limite. Mais cela devait se situer dans le bailliage de Trachsuwaud. Je ne sais pas si cette limite est réellement éternelle. Quoi qu’il en soit, il semble que les portes commencent à s’effriter un peu après 550 ans !

Sources : « Ortsnamensbuch des Kantons Bern », « Orts- und Flurnamen des Amtes Entlebuch », www.idiotikon.ch et autres.